Une vie de rencontres et d’amitiés

« […] Est écrite pour toujours la raison d’être de l’homme : ce n’est pas de s’emplir la panse, ou d’étriper le voisin, d’établir sa domination sur les choses par le trafic et l’argent, ni non plus la bataille et l’orgueil : sa raison d’être, c’est l’amitié. »
(Le Blé de Noël,
Henri Pourrat, 1940)

Pour Henri Pourrat, l’amitié est au centre de tout. Il emploie le mot aussi bien pour parler des personnes que pour évoquer le rapport avec la nature.

Alexandre Vialatte et Henri Pourrat en 1936
© Collection Annette Lauras

Il n’a eu que deux grands thèmes : l’amitié, la nature ; la charité, la Création. Toute son œuvre est une impatience d’aider l’homme et de le hausser. Elle le prend par la main et elle lui montre l’aube. Elle n’a eu que les plus hauts soucis.
(Alexandre Vialatte, Chronique des Grands Jardins, juillet 1959)

Henri Pourrat prend le temps d’écouter, le temps de la rencontre, le temps de l’échange. Son très large réseau de relations est basé sur le respect et la fidélité. Est présentée ici une sélection de cinquante personnes qui ont compté dans sa vie, il y en a beaucoup d’autres… Il côtoie les uns et les autres avec la même simplicité, qu’ils soient académiciens ou jeunes écrivains, universitaires ou instituteurs ruraux, paysans ou artistes. Il cherche à apprendre à leur contact, avec beaucoup d’humilité.
On compte 1800 correspondants dont Pourrat a gardé et classé environ 20 000 lettres :

– Les amis de toujours avec lesquels il échange autant sur ses travaux d’écrivain que sur la vie de la famille : Joseph Desaymard, Alexandre Vialatte, Lucien Gachon, la famille Versepuy…
… et les relations de travail qui deviennent rapidement de grandes amitiés littéraires : Jean Paulhan, Bernard Zimmer, Charles Silvestre, etc.

– Des artistes, sculpteurs, peintres, illustrateurs, photographes : Henri Charlier, Philippe Kaeppelin, François Angeli, Albert Uriet, Berthold Mahn, Paul Surtel, André Jacquemin, Jean-Gabriel Séruzier, Albert Monier etc.
– Des enseignants qui l’aident à collecter des contes auprès de leurs jeunes élèves.
– Des artisans, des paysans : Joseph Lebon, Félix Bouche et bien d’autres.
– Des écrivains reconnus : Jean Giono, Jean Cocteau, Colette, Henri Bosco, Maurice Genevoix, Tristan Bernard, Jean Guéhenno, Valery Larbaud, Jules Supervielle, Maxence Van der Meersch, et surtout Francis Jammes, Paul Claudel, Charles-Ferdinand Ramuz…
… et des jeunes écrivains demandant conseil et encouragements : Josette Clotis, Amélie Murat, Jean Anglade, Rose Combes, Marie-Aimée Méraville, Claude Dravaine, etc.
– Des étrangers, Jan Čep, Suzanne Renaud et Bohuslav Reynek en Tchécoslovaquie, Léo-Paul Desrosiers au Canada, Ramuz en Suisse, Willy Bal en Belgique, Rudmose Brown en Irlande, etc.
– Durant les deux guerres, Pourrat écrit aussi beaucoup à ses camarades dans les tranchées et à des prisonniers de guerre.
– Même quelques hommes d’état (quelques lettres) : Raymond Poincarré, Philippe Pétain, Pierre Laval, Pie XII, Vincent Auriol.

Claude Dravaine, Henri Pourrat et A. Mercereau en 1917
© Collection Annette Lauras

Ainsi, bien que ne fréquentant pas les salons littéraires parisiens, ni même clermontois, bien que « cloué » à Ambert, il trouve l’émulation, voire même la confrontation d’idées à travers ses correspondances et les nombreuses visites qu’il reçoit.

Henri, Henri, quant tu étais là, tout était plus beau. Nous ne te verrons plus passer sur les routes de la montagne, tailler la vigne ou dicter à Marie ces lettres qui donnaient toujours les dernières nouvelles de la rose, de la prune, des feuilles, de la neige, et où toutes les saisons se reflétaient dans le jardin.
(Alexandre Vialatte, Chronique des Grands Jardins, 1959)

Henri Pourrat, grand lecteur

Dès son tout jeune âge Henri Pourrat pratique la lecture. Sans doute a-t-il commencé par les livres qui lui tombaient sous la main, ceux du grenier (...)

L’œuvre littéraire

Toute l’œuvre littéraire d’Henri Pourrat est habitée par la nature. Une invitation à "Toucher Terre"
Les chemins sablonneux s’enfoncent de salle (...)

Biographie

Textes d’Annette Lauras, fille d’Henri Pourrat et Isabelle Piat, consultante
Illustrations de Fabian Grégoire, aquarelles sur papier d’Ambert

Ni hommes, ni femmes, chantent-ils, tous Auvergnats. De la sorte, quand on songe aux travers et défauts propres à chaque sexe,
on est en droit de penser que l’Auvergnat seul pourrait préparer l’avènement d’une humanité supérieure. (Ceux d’Auvergne, 1928)